Avis de l’Observatoire Démocrate sur l’Election au Conseil National du 19 janvier 2008 (première session) (n°2008120101).
par Obsevatoire Democrate, lundi 21 janvier 2008 à 06:46 | Avis
Avis de l’Observatoire Démocrate sur l’Election au Conseil National du 19 janvier 2008 (première session) (n°2008120101).
Nous rappelons prudemment que les
Etats de l’Observatoire
Démocrate n’engagent pas le Mouvement ni ses
adhérents, il se s’agit que de
l’expression d’adhérents
indépendants et volontairement au service de tous.
S’il était nécessaire de le
préciser, il ne s’agit en aucun cas d’un
document
officiel.
L’élection au
Conseil National marque la seconde étape de
l’édification du Mouvement Démocrate,
après celle du Congrès de Villepinte à
la
fin du mois de novembre 2007.
C’est une étape
des plus importantes, qui désignera les
premiers membres élus du Mouvement, avec la
légitimité que cela leur confèrera,
et qui marquera la mise en œuvre du processus
démocratique tant attendu.
L’Observatoire
Démocrate s’est attaché à
relever les
difficultés ou dysfonctionnements que le scrutin
à soulevées. Il s’appuie sur
de très nombreux courriers qu’il a
reçus, mais aussi sur des contributions
d’adhérents, des témoignages, une
enquête faite auprès de présidents de
départements, et enfin sur une recherche
d’articles ou de billets sur Internet
et (hélas) dans la Presse elle-même.
Les difficultés
observées sont les suivantes :
a) Délai.
—
Le délai laissé aux adhérents pour
constituer une liste a été trop bref,
à considérer qu’ils aient appris
qu’il y
avait élection ! Dans le meilleur des cas, un mois
ne suffit pas. Sans
doute, plaide François BAYROU, des adhérents ont
souhaité une rapidité après le
Congrès. Mais l’incidence principale,
c’était la difficulté pratique
à faire
une liste dans le délai. Il résulte
également que les candidats invités sur les
listes ne sont pas forcément connus des têtes de
liste, et il y a un risque que
des adhérents soient élus au Conseil National
sans avoir peut-être les
compétences requises. Ce problème de
délai enfin touche plus durement les
Français de l’Etranger et ceux des DOM-TOM, pour
des raisons d’éloignement
géographique.
b)
Communication et information.
—
L’impossibilité qu’ont eu les
têtes de
listes à communiquer avec l’ensemble des
adhérents de leur région, ne disposant
pas de fichier ni de relais, mettait là encore en
difficulté de réunir des noms
dans les temps. M. Bariani a finalement proposé une
communication aux
adhérents, mais à ce jour il semble que cette
communication n’ait pas
(toujours ?) été envoyée. Le
15 janvier, M. Bariani annonce qu’il doit
renoncer à poursuivre cette communication, par manque de
personnels. Le
principe d’une communication par Paris est bon,
puisqu’il assure une
transmission aux adhérents en évitant de
transmettre des coordonnées. On note
cependant que la loi permet la communication d’adresses au
sein d’un parti
politique[1].
Le Siège a sans doute
jugé qu’une certaine confidentialité
soit observée, ce qui est peut-être de bon
sens. A l’avenir, il n’est cependant pas possible
de continuer à cacher les
adhérents les uns des autres.
c)
Mésinterprétations, obstructions, liste unique.
—
De nombreux départements n’ont même pas
annoncé aux adhérents qu’ils pouvaient
se présenter aux élections. Le cas est
également signalé pour la plupart des
pays étrangers.
—
Le désir manifesté par de nombreux
départements de ne présenter qu’une
liste a été ressenti comme un
véritable déni
de démocratie, en opposition avec les textes et discours
fondateurs. Ces
départements disent souvent que c’est le
Siège qui a émis ce souhait. Or, le
choix du scrutin à la proportionnelle implique une
« proportion »
justement, et donc plusieurs listes. Dans plusieurs
départements, il n’y a
qu’une liste à cause de ce blocage
illégitime. Les témoignages de blocage sont
hélas très nombreux. Le Conseil National pouvait
s’attacher à libérer
d’autorité le fonctionnement des instances
locales, sans se satisfaire du
renouvellement prévu par l’élection
pour de nouveaux bureaux locaux.
—
Les départements ont convoqué des
réunions de bureaux pour sélectionner les
candidats recevables et désigner les
membres de liste, se référant au texte
malencontreux qui a été transmis aux
responsables et figurait sur le site du Mouvement : «
Il appartient à
chaque adhérent de se rapprocher des membres de
l’exécutif départemental
provisoire pour faire acte de candidature
». Ce texte était
anti-statutaire et source d’abus, car il sous-entendait que
« l’exécutif
départemental provisoire »
détenait le pouvoir de sélection. Nous nous en
excuserons, mais il appartenait au contraire
à l’exécutif
départemental d’aller au-devant des
adhérents et de les informer de
l’élection,
du droit à postuler, du droit à composer une liste.
—
Faute de l’avoir compris, de nombreux
départements ne se sont pas privé
d’interpréter le texte en un sens exclusif,
d’autant que Paris, comme on l’a dit, semble avoir
encouragé l’unité de liste.
On ne compte plus les adhérents qui ont cru que leur
candidature était
suspendue à une validation du bureau
départemental. Ce mode de constitution de
liste paraît à beaucoup un recul grave par rapport
aux promesses faites.
—
On relève également que de nombreux
départements ont jugé utile de
décourager la constitution de listes
concurrentes. Pour ce faire, soit qu’ils aient
propagé l’idée qu’une seule
liste était recevable, soit qu’ils aient
accrédité l’idée que les
autorités
départementales avaient toute autorité pour
présélectionner les candidats, en
s’appuyant sur le texte pré-cité, le
nombre d’adhérents ayant exprimé leur
ignorance du droit à composer des listes est lui aussi
très important, et même
certainement majoritaire !
—
Pourquoi une liste unique ? Le
mode de scrutin pouvait expliquer cette recommandation d’une
liste unique. En
effet, la pluralité de liste conduira probablement
à ce que certains
départements ne soient pas
représentés, du fait que deux candidats de
même rang
et d'un même département sur des listes
opposés peuvent être élus. Cependant,
il semble à l’Observatoire Démocrate
que l’exercice de la démocratie au niveau
local n’a pas à prendre en compte les incidences
d’un mode de scrutin choisi au
niveau national. C’est à ce niveau qu’il
y a lieu de faire un choix clair, qui
permette un exercice normal de
—
De même, jusqu’au dernier moment, il y
a des cas d’infractions graves. Ainsi, dans tel
département, la communication
écrite annonçant le scrutin aux
adhérents non seulement s’accompagne
d’une
propagande pour la liste
« officielle » mais en plus cache
l’existence d’autres listes ! Jour
après jour, on apprend que des
responsables locaux prennent leur téléphone pour
imposer leur choix et orienter
les voix, annoncent qu’il est interdit aux
adhérents de se communiquer des
listes sous peine d’annulation des candidatures, rameutent le
ban et l’arrière
ban d’adhérents qui avaient disparu depuis
longtemps.
—
Il y a même ce cas étonnant d’une
responsable
départementale qui a déclaré
qu’il n’y aurait pas
d’élection dans son
département et qui, non contente de refuser de les
organiser, n’agréait pas les
candidatures. Les élections n’auraient pas eu lieu
sans l’intervention d’un
responsable national qui passait fortuitement dans la région.
d)
Lieu de vote
—
Un adhérent nous avise également qu’il
est interdit de voter là où il vote pour les
élections nationales, et qu’il
doit voter dans le département du lieu de
résidence. On pourrait songer à
favoriser un vote à n’importe quel endroit du
territoire, avec un recoupement
des données au niveau national.
e)
Autre problème de délai. Lieu des scrutins.
—
La plupart des départements n’annoncent
la date et le lieu du vote que moins de 8 jours avant le scrutin. Ils
n’ont,
pour beaucoup, vraisemblablement reçu de communication
officielle que très
tardivement. Pour les autres, on se demande s’il
n’y a pas intention cachée.
—
On trouve des cas de lieux de vote
situés très loin des adhérents, tel ce
bureau qui fait voter en limite de
département.
f)
Calculs pour la représentativité.
—
Dans le cas de la fédération des
Français de l’Etranger, comme le montre
Jean-Hervé FRASLIN, les calculs faits
pour la représentativité ont
été établis sur les chiffres du
Ministère, que
chaque expatrié sait très approximatifs
(qu’il s’agisse du « Registre
Consulaire des Français Hors de France »
ou de la « Liste Electorale
Consulaire », très différentes
bien sûr). On aurait dû se fixer sur les
chiffres plus précis des agences internationales, soit
environ 1.7 fois le
nombre de Français inscrits au registre consulaire.
L’un dans l’autre, il y a
probablement lieu de proposer 3 sièges
supplémentaires aux Français de
l’Etranger.
g)
Vote par correspondance et par procuration.
—
Le vote par lui-même demeure
insatisfaisant, comme l’était celui du
Congrès. Insatisfaisant parce qu’il
laisse de côté de très nombreux
adhérents qui ne pourront se déplacer. Il est
donc urgent de recourir au vote par correspondance
électronique. On retiendra
que ce mode de scrutin s’avèrera aussi
indispensable aux Conseillers Nationaux
lors des Assemblées du Conseil, en particulier pour ceux des
Conseillers qui
demeurent loin. Le délai trop court n’explique ni
n’excuse l’absence de vote
électronique, puisque déjà la question
avait été posée en octobre lors de la
préparation du Congrès.
—
Le vote par procuration unique pose
également problème.
h)
Désignation automatique de présidents
départementaux
provisoires.
—
La question est également posée par les
adhérents de savoir s’il fallait
intégrer automatiquement au Conseil les
présidents départementaux, sachant que les
bureaux départementaux doivent être
renouvelés prochainement.
i)
Désignation automatique de présidents
départementaux et
cumul de mandats en interne.
—
Les présidents départementaux
bénéficient automatiquement d’une place
au Conseil National. Nous aurons ainsi
une assemblée à moitié élue
par les adhérents, et à moitié
désignée d’office.
C’est regrettable. Soit l’on a un parlement qui
représente les Français
concernés (les adhérents en
l’occurrence), soit l’on n’a pas de
parlement du
tout. L’Observatoire Démocrate regrette le
mélange des genres et des collèges.
Il existe une assemblée des élus où
les présidents départementaux pouvaient figurer.
Enfin, on trouvera au Conseil des personnes qui ont d’autres
mandats internes
et notamment au sein de l’Exécutif. Cette
disposition doit être abrogée sans
délai.
j)
autres.
—
L’Observatoire Démocrate pourrait
rapporter d’autres éléments dans les
jours qui viennent, si besoin en était.
Il
y a heureusement nombre de départements où les
choses se sont bien passées. D’autres
où les difficultés tenaient à des
problèmes de moyens ou de mauvaise communication avec le
Siège. Il y a lieu de
se reporter, sur ce thème, à l’Etat qui
se rapporte aux communications
en interne.
Pour
les raisons qui précèdent, et au regret de tous, la
représentativité réelle des
Conseillers Nationaux pourrait être
considérée
comme incertaine. Etant donné le
sérieux de la situation, outre les
mesures qui s’imposent d’elles-mêmes en
cours de lecture, l’Observatoire
Démocrate défend l’idée
d’un renouvellement anticipé de
cette assemblée
avant le délai annoncé de trois ans
(idée émise par M. Farid TAHA
(OD), et proposée au débat par le
collège des Régions en Mouvement). Le cas
échéant, des Conseillers pourraient
eux-mêmes défendre cette motion.
Le
Conseil National est une assemblée démocratique
dont les
attributions lui donnent une expression rare dans le paysage politique
européen. C’est un outil remarquable voulu par
François BAYROU. Il est de la
plus grande importance que l’élection qui la
désigne soit à l’avenir
envisagée
avec plus de préparation, afin que l’enthousiasme
des adhérents ne diminue pas.
Là encore, la période que nous traversons
apparaît comme probatoire.
Pour
l’Observatoire Démocrate
Rémy
DAILLET-WIEDEMANN
PS : Nous avons décidé de publier cet
article avant le scrutin, du fait de
la demande de militants qui ne souhaitaient pas que les
résultats du scrutin
n’interfère avec cette étude. Ils
objectent en effet que certains membres de
l’Observatoire Démocrate sont présents
dans des listes candidates.
Il
en résulte que d’éventuels
dysfonctionnements au cours
du vote ne seront pas relevés.
[1] :
La protection
des personnes et de leur vie privée implique le
contrôle de la communication
des fichiers informatisés contenant des données
à caractère personnel et la loi
n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à
l’informatique, aux fichiers et aux libertés
établit en ce sens une obligation de
sécurité à la charge des responsables
de
ces fichiers.
Saisie
de cette question particulière,